La notion de drainage en phytothérapie

Spécificité de la phytothérapie, le drainage ne date pas d’aujourd’hui puisque cette notion a été développée par  Hippocrate (  460-377 avant JC), puis Paracelse ( 1493-1541 )

Complètement ignorée  par la médecine moderne, elle est maintenant remise au gout du jour par le marketing journalistique sous l’appellation de Detox, ce qui à fait écrire tout et n’importe quoi sur cette activité physiologique particulière qu’est le drainage.

Mais avant d’être un acte thérapeutique, le drainage est  un mécanisme physiologique.

Les émonctoires ( terme un peu désuet) sont les voies d’éliminations des déchets dont dispose notre organisme : les reins, le foie, les intestins, la peau, les poumons.

Le drainage est donc la stimulation d’un ou plusieurs organes à fonction d’élimination, en fonction des demandes et des besoins adaptatifs de l’organisme.

Ce drainage physiologique peut être  l’accélération de d’éliminations naturelles, diarrhée isolée par exemple, crise sudorale, crise de diurèse ,etc..

Cela peut correspondre à une opération de nettoyage interne spontanée.



Le drainage  thérapeutique consiste donc à « forcer » un organe émonctoriel en augmentant sa capacité d’élimination , par exemple au niveau des  reins,  en majorant le volume des urines ou la concentration d’un ou plusieurs de ses constituants.

il faut distinguer plusieurs types :

Le drainage d’organe

Soit l’organe est défaillant et doit être stimulé.

Soit il est nécessaire de forcer la fonction d’élimination de certains agresseurs.

Le drainage d’organisme

Il intéresse plusieurs émonctoires, spécifiques d’une fonction donnée, et participe à la régulation générale de l’organisme,  en cas de fonction métabolique perturbée.

Le drainage des émonctoires

Il n’est pas spécifique et n’est pas orienté vers une pathologie particulière.

mais il est destiné à accroitre la fonction de désintoxication de l’organisme , comme par exemple des surcharges métaboliques sans que les fonctions des organes soient vraiment déficientes.

L’intérêt du drainage, on l’aura compris, est de ‘ débloquer ‘ une situation , quant les systèmes d’élimination physiologiques de l’organisme sont débordés.

Les causes de ces blocages peuvent être multiples :

le stress, la fatigue le tabac ,l’excès d’alcool, les déséquilibres alimentaires, la nourriture trop riche, l’activité physique insuffisante, la pollution,  les traitements médicamenteux ,etc.  la liste est longue !

L’organe central de le concept du drainage est bien sur le foie, qui filtre tout le contenu digestif,  élimine ce que l’on appelle les xénobiotiques,  c’est-à-dire toutes les substances chimiques ingérées par l’organisme, médicaments, pesticides, etc..

Ces actions de détoxication se font à travers des systèmes enzymatiques spécialisés selon plusieurs étapes :

La phase I, grâce essentiellement aux cytochromes P450 qui assurent la solubilisation aqueuse de ces molécules lipophiles.

la phase II , phase de conjugaison qui permet l’élimination des métabolites.

Le drainage peut être

– un acte thérapeutique à part entière.

–  dans de nombreuses pathologies, il s’avère indispensable et entièrement complémentaire du traitement étiologique ou symptomatique :

–        En dermatologie : dans les acnés, les eczémas, psoriasis, furonculose.

–         En rhumatologie , obligatoire lors de l’instauration d’un traitement, les articulations étant considérées comme un cul-de-sac métabolique : dans les arthroses, la goutte, les tendinites.

–       Dans les surcharges métaboliques, hyperlipidémie, goutte , syndrome métabolique, diabète, obésité, lithiases urinaires ou vésiculaires.

–         Toutes les infections trainantes ou chroniques, sinusites, broncho-pneumopathies obstructives, infections urinaires ou prostatiques.

–         Lors de chimiothérapies, chez les poly-médicamentés.


Loin d’être une thérapeutique désuète et d’un autre âge     ( nous sommes loin de la saignée et du clystère ) , le drainage permet souvent de ‘ débloquer ‘ une situation de manière spectaculaire.

Les plantes concernées sont extrêmement nombreuses, et il difficile ( et fastidieux) de les nommer toutes, mais on peut citer les plus importantes.

Foie et vésicule biliaire ;

Artichaut, radis noir, chardon marie, romarin

les reins :

L’orthosiphon, la piloselle , le bouleau , le pissenlit.

Le pancréas :

La fumeterre,  genévrier , noyer

La peau :

La pensée sauvage, la bardane, la bourrache

Les intestins

La mauve, la guimauve, le bouillon blanc.

Les articulations :

La reine des près, le cassis, le frêne

Les poumons :

Le bouillon blanc, la grande mauve, le plantain.

Le drainage n’est pas un acte anodin, et doit être réfléchi : drainer une vésicule biliaire, par exemple avec une plante comme l’artichaut , sans s’assurer qu’il n’y a pas de calcul vésiculaire, peut avoir des conséquences fâcheuses ( risque d’expulsion du calcul dans le canal cholédoque )

Un drainage ne doit pas être continu : la stimulation permanente de l’organe émonctoriel peut à la longue être dommageable.

Drainer le foie d’un sujet à l’évidence ‘intoxiqué’ aura presque toujours dans un premier temps des effets positifs, mais persévérer à drainer sans intégrer la place du foie dans l’équilibre ou le déséquilibre général peut avoir des conséquences fâcheuses.

Le drainage ne doit pas donc être fait à l’aveugle, mais faire parti intégrante d’une démarche de prise ne charge phytothérapique.

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