Le safran, une épice remarquable

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Un excellent article dans la Phytothérapie Européenne (1)  nous permet d’approfondir nos connaissances sur le safran, épice plus connue pour colorer et parfumer les plats que pour ses propriétés médicinales.

Et pourtant, le pistil du Crocus sativus est utilisé depuis longtemps comme plante médicinale.

Cultivé en Iran, Cachemire, et sur le pourtour méditerranéen, pour son pistil que l’on sèche. Il doit être récolté le matin car, après leur floraison à l’aube, les fleurs se fanent très rapidement. Le rendement est faible, d’où son prix élevé.

Le safran contient plus d’une centaine de composés chimiques, les plus importants sont  des dérivés des caroténoïdes, le safranal, la crocétine, la crocine (qui lui donne sa couleur jaune orange) , la picrocrocine,

A fortes doses, le safran peut se montrer toxique (nausées, hémorragies utérines), mais on utilise jusqu’à  200 mg sans problème. Cela dit, vu son prix, on utilise rarement des fortes doses.

En usage traditionnel, le safran est utilisé comme antidépresseur, antispasmodique, expectorant, analgésique, cardioprotecteurs en médecine indienne,

Aujourd’hui, de nombreuses études scientifiques ont mis en évidence des propriétés étonnantes : le safran est anti tumoral, anticonvulsivant, neuroprotectreur, antidépresseur, hepatoprotecteur, anti-inflammatoire. Il est actif sur la régulation de la glycémie, c’est un antidiabétique. Il à également une action sur la mémorisation.

–         Le safran est un serotoninergique. Il est donc utilisé comme antidépresseur depuis plusieurs années.  Aussi efficace que le millepertuis, sans en avoir les contre-indications,  il n’a bien sur aucun effet secondaire.

Le déficit en sérotonine s’accompagnant d’une mauvaise régulation de la satiété, le safran est utilisé en accompagnement des régimes alimentaires.

il améliore les performances intellectuelle et la mémoire. Il est de plus neuroprotecteur.

–         Les effets anticancéreux du safran ont été démontrés par plusieurs études (2). Il est actif sur les leucémies, les sarcomes, les carcinomes, dans des études sur les animaux. Il pourrait être un traitement alternatif pour de nombreux cancers, mais n’étant pas brevetable, il n’a pas l’air d’intéresser les laboratoires pharmaceutiques et les cancérologues. …

–         Il est antioxydant, actif contre les radicaux libres, grâce à ses caroténoïdes.

–         Le safran est un anti-inflammatoire, inhibiteur des enzymes COX-1 et COX-2, mécanisme d’action semblable aux anti-inflammatoires non stéroïdiens.

–         Le safran est un antidiabétique, grâce au safranal, en réduisant l’hyperglycémie, en diminuant la résistance à l’insuline, ne provoquant pas d’hypoglycémie. Il est aussi efficace sur les complications du diabète, par son effet antioxydant et anti-inflammatoire (3).

–         Le safran aurait des propriétés anti-hypertensive, par la crocetine.

–         Il une action sur la dyslipidémie, réduit le niveau des triglycérides, du cholestérol total, par élimination intestinale des graisses et du cholestérol. Cet effet serait lié à l’inhibition sélective de la lipase pancréatique.

Que de propriétés pour une épice !  Gageons que dans les années à venir le safran va avoir une place de choix dans de nombreux protocoles de soins en phytothérapie.

Safran1

1.      La Phytothérapie Européenne. Le safran et le syndrome métabolique. Chahid Bochra. Juillet-Aout 2016

2.     FI. Abdullaev (2002), « Cancer chemopreventive and tumoricidal properties of saffron (Crocus sativus L.) » Experimental Biology and Medicine 227(1), p. 1 PMID 11788779

3.     Hazman O, Ovali S. Investigation of the anti-inflammatory effects of safranal on high-fat model diet and multiple low-dose streptozotocin induced type 2 diabetes rat model .Inflammation ,2014,20.

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